Synthèse du Cafésel du 10fév15 : Déchets ménagers, aller plus loin que le tri sélectif ?

CaféSel

organisé par l’association NimeSel
au Café Olive, boulevard Victor Hugo à Nîmes
Synthèse de la réunion qui s’est déroulée le mardi 10 février 2015, sur le thème :

Déchets ménagers, aller plus loin que le tri sélectif ?

C’est le thème que nous avons choisi pour cette deuxième édition du CaféSel. Les chiffres sont implacables : chaque année, en France il est « produit » 360 kg de déchets ménagers par habitant, 1 kilo par jour et par personne ! Et encore ce chiffre ne prend pas en compte les boues de station d’épuration, les encombrants et les autres collectes municipales, car alors on arrive jusqu’à 570 kg par personne.
Sur ces 360 kg, une très grande part, environ 30 %, est composée de « déchets fermentescibles », c’est à dire « compostables » (en fait c’est très variable selon les habitudes de consommation de la famille). Nous commençons donc par examiner la question du compost. La première voie est celle du compost individuel, pour ceux qui disposent d’un peu de terrain. Nîmes Métropole propose des composteurs individuels contre la somme de 20 euros (voir lien en bas du texte).

Henri Ferté, agriculteur bio nîmois, qui s’est vu imposer la proximité immédiate de l’incinérateur du SITOM, est venu nous faire partager son expérience. Pour lui, il y a 4 règles à respecter pour réussir son compost :

  • utiliser des matériaux végétaux fermentescibles diversifiés et les mélanger ou les disposer en couches fines. Apporter peu à la fois mais régulièrement ;
  • respecter un certain rapport carbone/azote (C/N). C’est un peu théorique, mais facile à appréhender. De la tonte de pelouse fraîche c’est beaucoup d’azote, des feuilles mortes très sèches c’est beaucoup de carbone. L’un comme l’autre, isolément, ne peuvent produire un bon compost. Mais un mélange des deux (ou le fait de laisser sécher quelques jours la tonte fraîche) permet de conserver un bon équilibre C/N et donc les meilleures conditions de fermentation ;
  • présence d’air, nécessaire au développement des bactéries aérobies. Il faut donc aérer régulièrement le tas en le retournant, surtout dans sa partie supérieure. On peut aussi y introduire des matériaux évitant un tassement trop important (ex. mandrins de rouleaux de papier toilette) ;
  • respecter un taux d’humidité suffisant. Si c’est trop sec, ça ne fermentera pas ; trop humide, risque de pourriture et de mauvaises odeurs.

Les avis sont partagés quant à ce qu’il convient de ne pas mettre dans son compost : mouchoirs en papier ou pas ? papier journal ou pas ? En fait, cela dépend de ce que l’on attend de son compost : bio ou pas, destiné à la production de légumes ou au jardin d’agrément. Dans tous les cas, il est souligné l’importance de « rendre à la Terre » des matières vivantes qu’elle nous a fourni. Mettre ou pas les restes de viande ou de poisson dans son compost ? Les participants s’accordent à dire qu’il est préférable de l’éviter pour ne pas attirer d’animaux indésirables, en particulier les rongeurs.
La présence de gros vers blancs (cétoine doré le plus souvent) n’est pas un problème, bien au contraire c’est un signe de bonne santé du compost.
Pour le logement collectif, il est possible de recourir au « compost en pied d’immeuble ». Et pourquoi ne pas mettre en relation des consommateurs avec un agriculteur qui composterait leurs déchets ? Une sorte d’Amap à l’envers, en quelque sorte… D’ailleurs, les Amap pratiquent-elles ainsi ?
Un composteur peut être en plastique recyclé (c’est le cas en général de ceux qui sont vendus en grande surface de bricolage/jardinage, et aussi de ceux qui sont fournis pas les administrations locales). Il peut aussi être réalisé soi-même en bois de récupération, ou mieux, en acacia qui est très résistant.
On trouve sur le web de nombreux guides pour réussir son compost. Voir en fin de texte quelques liens.
Nous signalons aussi la possibilité de recourir au lombricompostage. C’est une version peu encombrante du compost, adaptée au logement collectif. Ici les principaux agents assurant la dégradation des nutriments sont des vers rouges et non des insectes et des bactéries. La décomposition se fait sans odeur, et est donc réalisable en appartement. Dans certaines communes des lombricomposteurs sont fournis aux ménages volontaires (c’est le cas sur l’agglo de Montpellier). Les déchets sont surtout transformés en un liquide brunâtre, qui constitue un excellent engrais pour les plantes d’appartement (avec parcimonie). Il est signalé que des personnes se sont vues interdire l’usage d’un lombricomposteur par un comité de copropriété (sans doute mal informé…). Un vendeur d’un lombricomposteur sur le BonCoin, contacté pour apporter son expérience lors de cette rencontre, n’a pas pu venir mais nous a adressé un petit texte de conseils (voir lien).
Dans certaines collectivités (Sybert de Besançon) l’utilisation de poules  est testée pour réduire la quantité de déchets (100 kg en moyenne par poule et par an. Pas mal, non ? (voir lien)

Une fois éliminés ces déchets fermentescibles, que faire avec le reste ? Une évidence est que le déchet le plus facile à traiter est celui qui n’est pas produit. Il s’agirait donc de modifier ses comportements de consommateur, afin de consommer sans déchets.

Véronique Soulier, adhérente NimeSel, s’inspire de la pratique de Béa Johnson (auteure de Zéro déchet, éd Les Arènes). Ce livre donne de précieux conseils très pratiques en matière de consommation. Véronique s’en est inspirée et nous livre à son tour ses conseils.
En fait, on peut presque tout acheter sans emballage : céréales, graines, pâtes, huiles, mais aussi produits d’entretien en vrac. En particulier dans les magasins bio, mais la démarche commence aussi dans la grande distribution. Avec un peu plus de persuasion, on peut aussi obtenir de son charcutier ou son fromager qu’ils placent notre achat directement dans un récipient apporté de la maison (bocal verre, ou barquette de crème glacée). Bien sûr on n’achète pas de biscuits sur-emballés : on fait des gâteaux maison. Même chose pour les conserves : faites en saison avec les produits du jardin (ou achetés directement aux producteurs). Véronique nous explique que son premier investissement quand elle a commencé sa démarche « zéro déchet », a été une yaourtière ; bien sûr reste la brique de lait qui partira au recyclage. A quand le lait en vrac dans les grandes surfaces ?
Même la salle de bains n’échappe pas à la vigilance de nos ménagères du futur. Béa Johnson fait son propre gloss (cire + huile) ; Véronique fabrique son dentifrice (2 c. à soupe d’argile blanche, 1 c. à café de bicarbonate de soude, 1 goutte d’huile essentielle de menthe – pour le gôut). Véronique utilise aussi des brosses à dents dont on ne change que la partie brosse ; le manche étant réutilisable de nombreuses années. Pour les petits bobos de peau et les premières rides, la recette miracle c’est l’aloe vera : on coupe une feuille, on l’épluche et s’en sert directement !

Restent toujours quelques petits déchets dont on ne sait trop quoi faire. Mais certains ont des astuces. Pour les bouchons en liège, les faire tremper dans de l’alcool et les utiliser comme allume-feu. Pour éviter de jeter dans l’évier (et donc à la station d’épuration qui n’aime pas ça) les restes d’huiles alimentaires (fond de boite de sardines par ex.), on peut les collecter dans un petit récipient sur le plan de travail, puis dans un bidon de 5 litres pour les apporter en déchetterie qui  les fera recycler en huiles industrielles.

Nous rappelons que Béa Johnson sera en conférence à Bagnols-sur-Cèze le vendredi 3 avril. Nous proposerons sur Nimesel.fr un covoiturage pour ceux qui désireraient s’y rendre.

Pour terminer, quelques conseils de lecture :

  • Le scénario Zéro Waste (Rue de l’Echiquier éd.) à commander en ligne : http://lescenario.zerowastefrance.org/
  • Zéro Déchet, Béa Johnson (Les Arènes éd.) ISBN 978-2-35-204257-7
  • Planète Attitude, les gestes écologiques au quotidien (Seuil éd.) ISBN 2-02-066337-6
  • Sauvez cette planète, mode d’emploi, D. Glocheux (Marabout éd.) ISBN 978-2-501-05254-2

L  I  E  N  S      U  T  I  L  E  S   :

Le texte ci-dessus en pdf : http://www.nimesel.fr/cafesel/Cafesel2_dechets_menagers.pdf

Conseils sur le compostage :

Ademe :  http://ademe.typepad.fr/files/guide_ademe_compostage_domestique.pdf

Communauté de communes de Kaysersberg :
http://www.service-dechets-ccvk.fr/guide-compostage-pour-impression-livret.pdf

Nîmes métropole : http://www.nimes-metropole.fr/quotidien/dechets-menagers/compostage-individuel.html

Nîmes métropole, formulaire de demande de composteur :
http://www.nimes-metropole.fr/fileadmin/mediatheque/DCTDM/Documentations/Formulaire_composteur_2015.pdf

Agglo Montpellier compostage collectif :
http://www.montpellier-agglo.com/vivre-environnement/compostage-individuel-et-collectif

Agglo de Besançon (poules) :
http://www.sybert.fr/des_poules_pour_mes_dechets.html

Conseils lombricompostage par Mika :
http://www.nimesel.fr/cafesel/lombricompost-Mika.pdf

Page Wikipédia sur l’Aloe vera :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aloe_vera

Béa Johnson / Zéro Waste :
http://www.zerowastehome.com/
https://fr-fr.facebook.com/ZeroWasteHome

L’association Zero Waste Home France :
https://www.zerowastefrance.org/fr